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Axéréal en dit un peu plus sur ses intentions en malt

Agrodistribution | Publié le

Le premier collecteur de céréales coopératif, « fier d’être en rupture dans les modèles », n’a pas pu échapper aux questions de la presse sur son projet d’acquisition de Cargill malt lors de sa conférence annuelle, le 10 janvier à Paris.

Paul-Yves L’Anthoën, DG d’Axéréal, Jean-François Loiseau, président d’Axéréal, et Yvan Schaepman, DG de Boortmalt. © R. FOURREAUX
Paul-Yves L’Anthoën, DG d’Axéréal, Jean-François Loiseau, président d’Axéréal, et Yvan Schaepman, DG de Boortmalt. © R. FOURREAUX

« Nous serons très succincts sur le sujet », a prévenu Jean-François Loiseau, président d’Axéréal, en entamant la conférence de presse de présentation des résultats 2017-2018, ne voulant pas interférer dans la transaction en cours avec le groupe Cargill pour l'acquisition de son activité malt. Néanmoins, quelques informations ont pu être glanées.

Si cette opération aboutit effectivement, Axéréal deviendrait, via sa filiale Boortmalt, le premier malteur commercial mondial dans un marché du malt porteur. « Notre ambition n’est pas de devenir le plus gros, mais le meilleur en création de valeur », nuance Yvan Schaepman, DG de Boortmalt, qui « fait partie des malteurs les plus rentables » : son EBE a doublé en quatre ans sans croissance externe.

« Exprimer une forme de leadership en orge de brasserie »

Boortmalt, qui « tourne à pleine capacité depuis de nombreuses années », et dispose de la plus grande malterie au monde à Anvers (470 000 t), poursuit l'accroissement de sa capacité de production qui atteindra 1,3 Mt à la fin de l'année avec l'extension de sa malterie irlandaise et la construction d'une unité éthiopienne.

« Concurrent le plus complémentaire », Cargill malt (1,7 Mt de capacité de production selon Axéréal) permettrait à Boortmalt, uniquement présent en Europe, de s’ouvrir sur de nouveaux bassins de production (Amérique du Nord, Argentine, Australie), d’« exprimer une forme de leadership en orge de brasserie et de se positionner en tant que dispositif majeur reconnu dans le monde entier », ajoute Paul-Yves L’Anthoën, DG d’Axéréal.

« Industrialiser le travail du grain »

Ce projet s’inscrit dans la volonté d’Axéréal d’aller chercher de la valeur de plus en plus dans la transformation du grain, en France et à l’international, et de « ramener les résultats vers la maison-mère ». Depuis quelques mois, la coopérative travaille dans le cadre de son plan Ambition 2022 à l’élaboration d’un « vrai modèle agricole qui soit beaucoup moins lourd, davantage en adéquation avec les attentes des clients ».

« Cela peut choquer, mais l’idée est d’industrialiser le travail du grain », a résumé Jean-François Loiseau. Pour la première fois d’ailleurs lors de l’exercice passé, la valorisation de la collecte (4,6 Mt) dans les filières industrielles, biologiques et cultures de spécialités (2,6 Mt) a dépassé le marché des commodités (2 Mt). Axéréal ambitionne que 80 % de ses adhérents soient en mesure d’intégrer une filière d’ici 2022.

Une supply chain à repenser

Jean-François Loiseau a enfin évoqué une rupture avec « le dispositif de silos, de moulins, d'usines, sur lequel nous nous sommes reposés ces cinquante dernières années » et « un schéma directeur qualitatif sur la supply chain qui est à construire ».

Axéréal a réalisé un CA de 2,53 Mds€ en 2017-2018 (+ 7 %) et projette d’atteindre les 2,66 Mds€ en 2018-2019. L’EBE, qui avait été initialement budgété à 101 M€, a terminé à 96 M€ en 2017-2018, pénalisé par les grèves à la SNCF. Il est prévu à 112 M€ pour 2018-2019.

Renaud Fourreaux