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En avant les agro-chaînes et le bio chez Vivadour

Agrodistribution | Publié le

Vivadour, qui tenait son AG à Riscle (Gers) le 5 décembre, a annoncé une hausse de son chiffre d’affaires et de son résultat net, malgré une collecte en recul. Le groupe compte sur ses agro-chaînes pour développer ses activités et innove en bio.

Franck Clavier, directeur général de Vivadour, poursuit la construction d’agro-chaînes qui permettent, en amont, de contractualiser les cultures de ses adhérents. © VIVADOUR
Franck Clavier, directeur général de Vivadour, poursuit la construction d’agro-chaînes qui permettent, en amont, de contractualiser les cultures de ses adhérents. © VIVADOUR

Après deux années de baisse, le chiffre d’affaires du groupe Vivadour, à 440 millions d’euros en 2017-2018, contre 406 M€ pour la campagne précédente, renoue avec la croissance. Un résultat net de 4 M€, également en progression, et une capacité d’autofinancement élevée lui permettent de confirmer son plan d’investissements d’environ 50 M€ par tranche de cinq ans. Il vient par exemple de boucler le programme d’extension de son usine de semences de Riscle (Gers), auquel il a consacré 10 M€ sur sept ans.

Une collecte en baisse…

La collecte du groupe est pourtant en recul. Après un résultat record de 630 000 t en 2014, Vivadour est descendu à 504 000 t en 2016, puis à 480 000 t en 2017. « Et notre projection 2018 passe sous le seuil des 400 000 t, confiait Franck Clavier, le directeur général, dans son rapport d’activité. Cela est dû, tout d’abord, à l’évolution des assolements sous la pression réglementaire, qui se concrétise par une baisse des surfaces de maïs au profit d’espèces moins productives (céréales, tournesol, soja). Mais le climat prélève aussi entre 20 et 30 % du potentiel des cultures, surtout lorsque les moyens techniques dédiés à la fertilisation ou à la protection sont réduits pour des raisons économiques. Ces problèmes sont une tendance lourde qui ramène notre potentiel de collecte standard autour de 450 000 t. »

... mais une activité bio en progression

Cette chute du tonnage est aussi liée à la croissance du bio qui devrait atteindre 20 000 ha sur la campagne 2018-2019, ce qui représentera 20 % de la sole totale de Vivadour. Le potentiel de rendement moyen étant moins élevé qu’en conventionnel, les volumes baissent. En maïs, on collecte, par exemple, 1,5 t/ha en bio contre 9 t/ha en conventionnel. Les activités bio se développant, le groupe leur dédie désormais une équipe technique spécifique, chargée d’accompagner les 250 producteurs qui se sont réunis au sein du groupe spécia­li­sé « Les agriculteurs bio de Gascogne ».

Une filière œufs plein air et bio avec Cocorette

En bio comme en conventionnel, l’objectif pour la coop est de construire des agro-chaînes performantes et de pouvoir contractualiser avec les adhérents, dès la mise en culture. Dernière filière mise en place : la production régionale d’œufs alternatifs plein air et bio, vendus sous la marque « Œufs du Gers » par le groupe Cocorette. Un premier bâtiment de 6 000 places a été inauguré et une vingtaine d’autres sont en projet, l’objectif étant d’élever à terme 180 000 poules pondeuses. En amont, 5 000 ha de cultures bio serviront à nourrir les poules.

Canards et poulets remontent la pente

Par ailleurs, à la suite des deux crises aviaires, qui ont donné lieu à la mise en œuvre de mesures de biosécurité efficaces et qui ont augmenté le niveau de professionnalisation de la filière, le potentiel de production du groupe a été ramené à 1,2 million de canards, contre 2 millions à l’origine. « À l’avenir, nous tendrons vers 1,6 million de canards maximum », précise le DG. Une limite qui devrait permettre de ne pas générer de stocks.

De son côté, la filière volaille a retrouvé sa pleine capacité, autour de 10 millions de têtes en poulet label du Gers et standard. Les marques Gers (label rouge) et Poulet d’Ici (standard), distribuées par Fermiers du Gers, se développent.

Un nouveau Frais d’ici avant la fin de l’année

Enfin, en matière de distribution, Vivadour tire un bilan positif de l’espace Frais d’ici installé dans son magasin Gamm vert d’Auch, un établissement pilote, viable sur le plan économique et intéressant en termes d’image de la coopération pour le grand public. Un deuxième Frais d’ici est en cours d’installation dans sa jardinerie de l’Isle-Jourdain (Gers). Il devrait ouvrir avant les fêtes de fin d’année.

Florence Jacquemoud