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Soufflet milite pour « des filières vertueuses »

Agrodistribution | Publié le

Le 8 novembre à Paris, Jean-Michel Soufflet, président du groupe Soufflet, a présenté le rapport d'activité de la campagne 2017-2018, l'occasion de revenir en détails sur l'engagement du groupe pour une agriculture durable et des filières vertueuses.

Pour Jean-Michel Soufflet, « l’agriculture conventionnelle doit, pour notre marché intérieur français, voire européen, monter en gamme. Par contre, il faut qu’on ait une communication claire. » © L. PETIT
Pour Jean-Michel Soufflet, « l’agriculture conventionnelle doit, pour notre marché intérieur français, voire européen, monter en gamme. Par contre, il faut qu’on ait une communication claire. » © L. PETIT

Lors de la présentation annuelle du rapport d’activité du groupe Soufflet, le 8 novembre, Jean-Michel Soufflet, son président, a insisté sur l’engagement du groupe dans des démarches d’agriculture durable et respectueuse de l’environnement.

« J’aimerais qu’on en fasse la promotion en France et je milite pour qu’on ait une démarche à l’anglaise qui, après la crise de la vache folle, s’est dotée d’une véritable démarche d’agriculture raisonnée », explique Jean-Michel Soufflet. Il pointe cependant le manque de cohésion français : « Aujourd’hui, il y a des initiatives un petit peu partout, tout le monde a ses initiatives dans lesquelles on est impliqués d'ailleurs (Ferme France, PADV), mais il faut tous qu’on ait une démarche beaucoup plus claire. » Ce qui est nécessaire pour ne pas perdre le consommateur. « Je souhaite qu’en partant de la FNSEA, en passant par l’ANIA, on arrive à dérouler une vraie démarche. »

Une agriculture conventionnelle qui doit monter en gamme


« Il faut qu’on fasse monter également en puissance le label rouge, le seul label reconnu par le consommateur, selon Jean-Michel Soufflet, et qu’on le mette en cohérence avec cette démarche d’agriculture durable (...). Il faut qu’on arrive à construire cette démarche alternative au bio, car tout le monde ne peut pas s’en payer. En revanche, tout le monde doit manger sainement. » Pour lui, « l’agriculture conventionnelle doit, pour notre marché intérieur français, voire européen, monter en gamme. Par contre, il faut qu’on ait une communication claire. »

Développer des filières de qualité

Depuis le début de cette année, le groupe a relancé la dynamique Baguépi avec la « farine responsable » inscrite dans une démarche de durabilité, issue de blés français, sans insecticides de stockage, ce qui est pour Jean-Michel Soufflet « la chose la plus importante », et aux assemblages uniques. Côté filière biologique, pour répondre à un marché en croissance ainsi qu’à la demande des agriculteurs, le moulin de Lozanne a été fermé pour être reconstruit et strictement dédié à la filière bio, qui était auparavant sous-traitée. Il ré-ouvrira officiellement le 1er janvier 2019 avec une capacité de 550 t/jour.

Les firmes phytos : gagnantes de la séparation du conseil et de la vente

Concernant l’usage de produits de protection des plantes, le groupe s’est engagé dans des programmes pour des solutions alternatives et incite les agriculteurs aux nouvelles pratiques, bien qu’ils soient déjà rentrés majoritairement dans cette logique de durabilité.

Jean-Michel Soufflet alerte cependant sur les effets pervers de la séparation du conseil et de la vente à venir : « On va arriver à un résultat complètement inverse de celui qu’on espérait obtenir », en termes de réduction des usages de produits phytosanitaires. « Les firmes phytos sont prêtes à attaquer nos clients en direct, comme elles le font dans les pays de l’Est, explique-t-il. Nous, on fait des préconisations aux agriculteurs en vue d’optimiser les productions. Les firmes, elles s’en fichent, elles leur mettent la dose max et toutes options. » Et d’ajouter que « les Bayer, Monsanto, grâce à la séparation du conseil et de la vente, se frottent les mains ».

Le groupe a récemment reçu une mission d’enquête parlementaire à son siège, l’occasion pour son président de mettre en avant ses réticences : « Comment voulez-vous que d’un côté, je développe des filières vertueuses avec McDo, Saint-Michel, Lu ou Heineken, si vous me coupez le conseil aux agriculteurs ? » Il eut pour toute réponse : « Monsieur, le problème n’est pas là, c’est une promesse de campagne du président de la République et donc nous tiendrons ses promesses. » Selon lui, « le problème est que l’on ne peut pas dialoguer ».

Lucie Petit