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La FC2A fustige des « solutions illusoires et déconnectées »

Agrodistribution | Publié le

Ce vendredi 30 novembre se tenait le colloque annuel de la FC2A, l’occasion de tirer un bilan de l’année, avec en ligne de mire la loi alimentation que la fédération juge déconnectée des enjeux. Et en appelle à remettre la notion de compétitivité au cœur des débats.

 

« Il y a eu les gilets jaunes, les bonnets rouges et maintenant les bottes vertes, revendique Frédéric Carré. On est bien dans nos bottes, il faut se le rappeler, et nous sommes bien ancrés dans la terre. » © L. PETIT
« Il y a eu les gilets jaunes, les bonnets rouges et maintenant les bottes vertes, revendique Frédéric Carré. On est bien dans nos bottes, il faut se le rappeler, et nous sommes bien ancrés dans la terre. » © L. PETIT

Cette année, le colloque de la FC2A, qui s’est déroulé le 30 novembre à Paris, avait pour grande thématique « L’agriculture française, entre enjeux locaux et internationaux ».

« Malheureusement, depuis un an, les déboires ne nous ont pas rassurés, la récente loi alimentation a fait la part belle à une vision étriquée de l’agriculture, on a souvent débattu de solutions illusoires et déconnectées des enjeux, a jugé Frédéric Carré, président de la FC2A. Ce qui nous frappe dans nos débats, c’est l’absence d’un concept clé, la compétitivité. » Cette notion de compétitivité a été mise en avant tout au long des trois tables rondes concernant la résilience de l’agriculture française, les circuits de proximité et les filières de qualité et l’export.

Pour lui, « cette loi a donné la désagréable impression de stigmatiser l’acheteur de matières premières agricoles » et « toutes ces dispositions vont avant toute chose alourdir les charges et abîmer la compétitivité de nos filières, et c’est bien le producteur qui va payer ». Résultat, cette loi ne bénéficiera qu’aux pays producteurs étrangers, « où les conditions de production sont bien moins vertueuses ».

« L’export a été oublié »

La compétitivité tant recherchée passe notamment par l’export. « On a oublié la compétitivité, car l’export a été oublié, alors que nous demeurons une puissance exportatrice et que sans l’export, notre marché national sera fragilisé », a déclaré Frédéric Carré en conclusion. Pour Jean-François Lépy, directeur de Soufflet Négoce, « l’export est le socle de l’économie de la ferme céréalière France, et si on n’est pas compétitif à l’export, ce socle commence à se fissurer ».

Concernant la filière viande bovine, Gérard Poyer, vice-président de la FC2A explique : « Nous avons cette ambition forte d’être présent sur le marché mondial pour permettre de trouver un équilibre ». Mais « autant nous avons des acteurs de rang mondial en ce qui concerne les produits végétaux et le lait, autant dans le domaine de la viande, porc ou bovin, nous sommes quand même très très loin », déplore Philippe Chalmin, économiste spécialiste des matières premières.

Répondre à la demande spécifique des clients

Pour regagner en compétitivité, et ne surtout plus en perdre, « le panel de réponses est riches, avec la montée en gamme et ne plus traiter l’export comme un débouché, c’est un vrai marché avec des clients et des exigences », affirme Jean-François Lépy, mais pour cela « la logistique est fondamentale », on est davantage dans une inflation de coûts que dans une recherche de compétitivité. « Si la situation portuaire française s’est améliorée depuis quelques années, d’après Dominique Lammin, du Grand Port maritime de Dunkerque, nous avons un retard considérable sur les investissements ferroviaires et ceux de la voie d’eau ».

Jean-Paul Kihm, agriculteur haut-marnais ayant une exploitation en France et en Ukraine, insiste quant à lui sur le fait qu’il est désormais indispensable de chercher à répondre aux attentes des clients : « Aujourd’hui, on produit et on vend puis on regarde ce que l’on a gagné ou perdu. Il faut dérouler notre réflexion dans l’autre sens, il faut produire pour répondre à une demande spécifique. »

Lucie Petit