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Lorraine 

La Cal continue de miser sur l’appro

Agrodistribution | Publié le

Dans un contexte de récoltes qui se suivent sans retrouver le niveau historique, et d’incompréhension face au projet de séparation du conseil et de la vente, la Cal, en assemblée générale le 13 décembre à Nancy, accélère la mise en œuvre de son plan Lorraine 2025, notamment en appro.

« L’incohérence du projet de la séparation du conseil et de la vente a été soulignée par tous nos adhérents lors de nos AG de section », précise Jean-Paul Marchal, président de la Cal. © C. URVOY
« L’incohérence du projet de la séparation du conseil et de la vente a été soulignée par tous nos adhérents lors de nos AG de section », précise Jean-Paul Marchal, président de la Cal. © C. URVOY

La coopérative lorraine peine à retrouver une collecte normale (480 000 à 500 000 t). Après 340 000 t en 2016, celle de 2017 se solde par 430 000 t seulement. « Nous enregistrons la troisième plus mauvaise moisson de l’histoire moderne de la Cal », souligne Jean-Paul Marchal, son président. Et c’est sans compter celle de 2018 dont les prévisions sont de 400 000 t.

Sur 2017-2018, le résultat net est identique pour la coopérative et le groupe, à hauteur de 3,3 M€. « Celui-ci sera, à nouveau, redistribué au maximum aux adhérents. Le beau succès de nos filiales permet également d’innover en versant un dividende qui participera à la rémunération du capital social (plus de 6 %). »

Lancement en 2019 d’un site d’e-commerce

Face à cette situation, l’accélération du projet Lorraine 2025, qui a déjà contribué à améliorer la compétitivité, se poursuit avec plusieurs projets, notamment du côté de l’approvisionnement. Un site de stockage des engrais va être construit à Neuves-Maisons avec EMC2. Il devrait être opérationnel pour le début de la campagne 2020 et voir transiter 82 000 t d’engrais par an.

« Grande innovation et étape importante pour la Cal : le lancement en 2019 d’un site d’e-commerce pour que les adhérents puissent réaliser leurs commandes appro à tout moment. » Au sein d’Epilor, la Cal va également investir dans le traitement thermique des semences pour proposer, dès l’automne prochain, les premiè­res semences sans traitement fongicide.

Incohérence du projet EGalim

Mais en matière d’avenir pour l’appro, le sujet qui a suscité le plus de questions lors des AG de section est bien celui de la séparation de la vente et du conseil. « L’incohérence du projet a été soulignée par tous nos adhérents, tient à préciser Jean-Paul Marchal. Ce projet est dicté par l’idée simpliste que les coopératives sont animées par le seul objectif de vendre des phytos ! Casser le lien entre le marché et l’agriculture serait une grave erreur. En plus du fond, c’est la forme qui me met en colère. Comment peut-on prôner la co-construction et finalement imposer une conclusion qui va à l’encontre de tout ce qui avait été travaillé par les acteurs professionnels en amont ! »

Halte au dénigrement

« Nous avions fondé beaucoup d’espoir sur les EGalim. Si cela se résume à plus de contraintes, nous aurons tout perdu. Nous pouvons supporter les aléas climatiques qui frappent nos récoltes depuis plusieurs campa­gnes, les agriculteurs savent qu’ils doivent composer avec la nature. Mais ce qu’on ne supporte plus, c’est le dénigrement de notre travail, autrement dit l’agribashing ! »

Chantal Urvoy