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Fermeture d’un Lisa

Arterris face au mécontentement des adhérents

Agrodistribution | Publié le

Une quarantaine d’adhérents d’Arterris ont manifesté, le 7 novembre, devant le magasin Gamm vert de Saissac, dans l’Aude, qui appartient au groupe coopératif, pour protester contre sa fermeture initialement prévue fin novembre. Cette date a été repoussée à juin 2019.

Une quarantaine d’adhérents d’Arterris se sont réunis, le 7 novembre, pour manifester contre la fermeture du magasin Gamm vert et du dépôt d’appro de Saissac, dans l’Aude. © Amaël François/La Dépêche du Midi
Une quarantaine d’adhérents d’Arterris se sont réunis, le 7 novembre, pour manifester contre la fermeture du magasin Gamm vert et du dépôt d’appro de Saissac, dans l’Aude. © Amaël François/La Dépêche du Midi

Mercredi 7 novembre, en début d’après-midi, une quarantaine d’adhérents d’Arterris habitant aux alentours du villages de Saissac, dans la montagne noire audoise, ont manifesté devant le magasin Gamm vert et son dépôt d’appro, propriété de leur coopérative, pour signifier leur mécontentement face au projet de fermeture du site, prévu pour la fin novembre. La suppression de ce « service de proximité » semble injuste aux agriculteurs, comme aux autres habitants du secteur.

Date de fermeture repoussée

« Nous avons envoyé au président de la coop une lettre dans laquelle nous menaçons de nous désengager et de demander le remboursement de nos parts sociales, qui a été signée par une quarantaine de personnes, raconte Guillaume Couturier, éleveur à Saissac. Nous avons aussi envoyé des SMS pour soutenir le Gamm vert. Le président est tout de suite venu voir le magasin, puis le conseil d’administration a accepté de repousser la fermeture à fin juin 2019. »

6 M€ d’économies chez Arterris

« Le problème est celui que nous rencontrons dans toutes les zones rurales où le volume d’activités n’est plus suffisant pour qu’un magasin soit viable, explique Christian Reclus, directeur général adjoint d’Arterris. Le Gamm vert de Saissac affiche aujourd’hui des résultats économiques négatifs, car les habitudes changent. Plus de 80 % de nos flux commerciaux partent de nos usines et livrent directement les agriculteurs sur les exploitations. Certains dépôts ne se justifient plus. Nous avons fermé plus de dix sites ces cinq dernières années. Nous devons réaliser 6 M€ d’économies de charges d’ici deux ans. » Un impératif pour faire face aux mauvaises récoltes de l’année et à la baisse des ventes d’agrofournitures.

« Un sentiment d’injustice »

La colère des agriculteurs porte à la fois sur leur désir que les commerces en zone rurale soient maintenus et sur l’impression que les petits adhérents comme eux ne se sentent plus pris en compte par Arterris. « Nous ne nous reconnaissons plus dans notre coop, le grand principe ʻʻun homme, une voixʼʼ n’est pas respecté, estime Guillaume Couturier. Aucune réunion n’a été organisée pour nous avertir du projet. Nous aurions pu proposer des solutions, comme l’ouverture un jour sur deux, par exemple. »

Un accompagnement proposé à la reprise du magasin

« Les principaux clients du dépôt ont été visités et prévenus individuellement avant que le conseil d’administration ne prenne sa décision, précise le DGA. La coop possède par ailleurs trois sites équivalents à moins de 30 minutes du village, auprès desquels les agriculteurs peuvent s’approvisionner, et elle effectue des livraisons quotidiennes sur le secteur. Mais si les habitants considèrent qu’ils ont besoin d’un commerce local, nous sommes prêts à les accompagner dans la reprise du magasin. »

Florence Jacquemoud