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InVivo planche sur une « grande place de marché »

Agrodistribution | Publié le

Lors d’une conférence de presse organisée le 18 décembre, à la veille de sa convention annuelle, InVivo a annoncé vouloir lancer dans un an « une grande place de marché agricole ».

« On veut faire plus qu’une place de marché marchande, on souhaite revaloriser le lien entre l’agriculteur et son technicien », indique Laurent Martel (à dr.), DG de Bioline by InVivo, au côté de Thierry Blandinières, DG d’InVivo. © R. FOURREAUX
« On veut faire plus qu’une place de marché marchande, on souhaite revaloriser le lien entre l’agriculteur et son technicien », indique Laurent Martel (à dr.), DG de Bioline by InVivo, au côté de Thierry Blandinières, DG d’InVivo. © R. FOURREAUX

« Si tout va bien, nous serons en mesure de présenter cette plateforme dans un an », annonçait Thierry Blandinières, DG d’InVivo, lors de la traditionnelle conférence de presse en amont de sa convention. Initié en mars dernier par la Digital factory d’InVivo, entité dédiée à la transformation digitale, ce projet de plateforme, qui devrait être portée par une société dédiée, est déjà en test dans huit coopératives.

« Il s’agit de mettre en ligne tout ce qui peut intéresser l’agriculteur », présente Thierry Blandinières. Au départ, cette plateforme, sur laquelle InVivo a décidé d’investir 50 M€ sur trois ans, concernera donc les intrants agricoles, mais le groupe compte bien à terme développer cette brique technologique dans le domaine du vin et du retail. La plateforme d’achats Ouifield devrait aussi s’y greffer.

Sur le modèle d’Amazon Prime ou Alibaba

« L’agriculteur viendra regarder la gamme de produits sur la place de marché, et quand il sélectionnera un produit, il sera renvoyé vers le site de sa coopérative », détaille Thierry Blandinières. Le technico-commercial sera informé et impliqué. « On veut faire plus qu’une place de marché marchande, on souhaite revaloriser le lien entre l’agriculteur et son technicien, entre l’agriculteur et sa coopérative », complète Laurent Martel, DG de Bioline by InVivo.

« Ce n’est pas un site internet, c’est une place de marché », insiste Thierry Blandinières. Et de citer comme modèles Amazon Prime, Alibaba ou, dans le secteur de l’appro, le site argentin Agrofy, en indiquant que les fournisseurs seront mis à contribution pour la financer.

Neovia, « ce n’était pas prévu si tôt »

C’est le « cash » généré par la vente de Neovia qui « va aider à financer cette digitalisation et à finaliser les projets de croissance sur les trois métiers du groupe que sont l’agriculture, le retail et le vin », a ajouté le DG d’InVivo.

Thierry Blandinières est en effet revenu sur la cession de Neovia, qui devrait être finalisée début 2019. « Ce n’était pas prévu si tôt », a-t-il reconnu en évoquant plutôt une date initiale de 2022. Mais, « du point de vue de l’union, Neovia réalisait 90 % de son chiffre d’affaires à l’international, et on s’éloignait de l’agriculture française ». Selon lui, la filiale s’était retrouvée en avance sur son plan de croissance et était désormais dans le top 5 mondial de la nutrition animale. « On commençait à rentrer dans la bagarre des gros. »

Le CA de Bioline en hausse de 60 %

InVivo a réalisé en 2017-2018 un chiffre d’affaires de 5,2 milliards d’euros (- 5,5 %) et un Ebitda net de 163,2 M€ (+ 22 %). « Nous sommes partis d’un Ebitda de 38 M€ en 2013, avant le lancement de notre plan stratégique 2025 by InVivo, et l’objectif est de délivrer un Ebitda de 300 M€ en 2025 », rappelle-t-il.

De son côté, le pôle agricole d’InVivo, Bioline, a réalisé un chiffre d’affaires de 340 M€, en hausse de 60 % sur un an, notamment dû à l’intégration de Phyteurop, mais aussi en raison du doublement des ventes de semences au Brésil.

Renaud Fourreaux